Trauma, langage et sécurité

Les traumas impactent profondément notre cerveau : sa structure, son développement, ses réseaux neuronaux... et donc notre manière de fonctionner au quotidien. Le mode survie devient le mode par défaut.

Deux exemples pour comprendre :

1. Une rencontre avec un inconnu souriant, "sympathique et beau" selon les codes sociaux :

🟢 Sans antécédent traumatique :

Plusieurs zones du cerveau collaborent dont celle du langage.

Le cortex analyse : "Cette personne sourit, le contexte est sécurisant".

=> La curiosité peut émerger. L'expérience est plutôt agréable.

🔴 Après des traumas complexes (abus, négligence, violence) :

Un circuit neuronal dysfonctionnel s'active.

L'amygdale (notre système d'alarme) hurle DANGER - même en l'absence de menace réelle.

Les zones du langage et du raisonnement se désactivent.

Le corps est inondé d'hormones de stress.

=> La personne peut vivre une véritable terreur. Son corps se prépare à fuir, combattre ou figer.

=> Aucun raisonnement verbal ne peut contrer l'effet de l'amygdale, cela ne sert à rien d'essayer de rationaliser !

=> C'est automatique. Ce n'est PAS un choix !

2. Face aux demandes sociales courantes, demander à un enfant "traumatisé" de regarder dans les yeux un inconnu ou d'accepter un contact physique avec lui, peut déclencher cette cascade neurobiologique de panique.

Le langage et le raisonnement sont difficilement voire pas accessibles !

=> Ce n'est pas un caprice. Ce n'est pas de la désobéissance.

=> C'est un cerveau en mode survie qui génère une véritable terreur, un cerveau qui essaie simplement de se protéger.

=> L'enfant a rarement les mots pour expliquer ce qu'il ressent.

💛 Que faire alors ?

👉 Se former aux approches scientifiquement validées du trauma, pour apprendre à :

✓ Respecter le rythme de la personne — ne jamais forcer le contact.

✓ Créer la sécurité : prévisibilité, routine, environnement stable.

✓ Passer par le corps : respiration, mouvements, ancrage sensoriel.

✓ Observer les signaux non verbaux, plutôt que forcer la parole.

💛 La bonne nouvelle, c’est que le cerveau peut changer, se restructurer.

On parle de "neuroplasticité".

=> De nouveaux circuits peuvent se créer.

Avec du temps, de la sécurité relationnelle, un accompagnement adapté ((qui inclut forcément le corps), le cerveau apprend à s’apaiser, à se reconstruire, à se reconnecter.

Notre responsabilité, à nous les adultes accompagnants :

➡️ Nous former sérieusement au trauma (oui, je me répète et je l’assume).

Même avec les meilleures intentions du monde, sans connaissances solides, nous pouvons faire plus de mal que de bien.

Merci pour eux, elles, iels. 💛

A retenir :

⚠️ Avant de parler, un cerveau marqué par le trauma a d'abord besoin de sécurité.

(Inspiré des travaux deBessel van der Kolk — The Body Keeps the Score)

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